Loi de financement Sécurité sociale (LFSS 2026) : les mesures pour les exploitants agricoles

Loi de financement Sécurité sociale (LFSS 2026) : les mesures pour les exploitants agricoles

Adoptée définitivement le 16 décembre 2025, la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (LFSS 2026) est entrée en vigueur, pour l’essentiel, au 1er janvier 2026 dès sa publication au Journal officiel.
Elle comporte plusieurs évolutions majeures qui pourraient vous concerner. Voici les principales mesures à connaître.

    LFSS 2026 : Un nouveau congé de naissance pour les non‑salariés agricoles

    À l’instar des salariés et des travailleurs indépendants du régime général, les non-salariés agricoles — chefs d’exploitation ou d’entreprise agricole, aides familiaux, associés d’exploitation — bénéficient d’un nouveau congé supplémentaire de naissance indemnisé, pour les enfants nés ou adoptés à compter du 1er janvier 2026.
    Le dispositif, propre au régime agricole, prévoit deux types de prestations selon les situations :

    • Allocation de remplacement lorsque l’exploitant se fait remplacer par du personnel salarié pendant la durée d’indemnisation. Cette allocation sera maintenue au niveau de celle existant pour les congés de maternité et de paternité. Elle sera versée par les services départementaux de la mutualité sociale agricole.
    • Indemnité journalière forfaitaire lorsque aucun remplaçant n’est trouvé, sous réserve de cesser toute activité pendant la durée du congé.

    Modalités :

    • Les durées maximales d’indemnisation sont similaires à celles du régime général.
    • La demande est à formuler auprès de la MSA.
    • Les montants précis et modalités seront fixés par décret.

    Point d’attention : selon les travaux parlementaires, contrairement aux salariés, les exploitants agricoles pourraient prendre ce congé de manière indépendante, sans l’adosser obligatoirement à un congé de maternité ou de paternité. Le décret d’application devrait préciser ce point.

    Cotisations sociales : un nouveau mode de calcul expérimental

    Une avancée concrète pour la gestion de trésorerie des exploitations : la LFSS 2026 instaure, à titre expérimental, un troisième mode de calcul des cotisations sociales des non-salariés agricoles.

    Actuellement, les cotisations peuvent être calculées soit sur l’assiette triennale (moyenne des trois années précédentes), soit sur l’assiette optionnelle fondée sur les revenus de l’année précédente.

    La loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS 2026) ouvre une troisième option : calculer les cotisations sur la base d’une estimation des revenus professionnels de l’année en cours.

    Cette expérimentation sera ouverte à compter du 1er octobre 2026 et jusqu’au 31 décembre 2028. Elle permettra notamment d’éviter les décalages de trésorerie liés à une variation importante des revenus d’une année sur l’autre. Une régularisation sera effectuée à l’issue de l’exercice, sur la base des revenus définitifs.

    Un décret définira les conditions de mise en oeuvre, notamment le délai pour formuler l’option et les conditions de dénonciation.

    Un rapport d’évaluation sera remis au Parlement au plus tard le 31 décembre 2027 en vue d’une éventuelle généralisation au 1er janvier 2029.

    Rentes AT/MP exclues de l’assiette des cotisations

    La loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS 2026) corrige un effet de bord de la réforme de l’assiette des cotisations et contributions sociales des travailleurs indépendants agricoles, entrée en vigueur le 1er janvier 2026.

    • Seuls les revenus BIC et BNC issus d’activités agricoles entrent dans l’assiette. La loi clarifie que l’assiette sociale des exploitants ne doit comprendre que les revenus issus des activités commerciales ou non commerciales relevant du régime social agricole, et non l’ensemble des BIC et BNC quelles que soient leur nature.
    • Régime micro-BIC et micro-BNC : Pour les exploitants relevant de ces régimes fiscaux simplifiés, l’assiette sociale est calquée sur l’assiette fiscale : seul le bénéfice déterminé selon le régime micro est retenu.
    • Primes d’abattage : Les sommes perçues pour l’abattage d’animaux affectés à la reproduction dans le cadre d’une mesure sanitaire, déduction faite de la valeur nette à l’actif de ces animaux, devraient, sous réserve de l’entrée en vigueur d’une disposition fiscale complémentaire, échapper à la CSG et aux cotisations sociales.

    Capital décès : extension des droits des ayants droit

    La loi aligne les cas d’octroi du capital décès aux ayants droit d’un non-salarié agricole décédé sur ceux applicables aux assurés du régime général et aux salariés agricoles.

    Deux situations nouvelles ouvrent droit au capital décès :

    • Décès consécutif à un accident du travail ou une maladie professionnelle. Jusqu’à présent, le capital décès n’était pas versé dans ce cas aux ayants droit d’un exploitant agricole — contrairement aux règles applicables au régime général. La loi remédie à cette inégalité.
    • Décès d’un assuré inactif invalide ou titulaire d’une rente AT/MP. Le capital décès est également ouvert lorsque l’assuré était, au cours des trois mois précédant son décès, titulaire d’une pension d’invalidité ou d’une rente d’incapacité permanente associée à un taux d’incapacité supérieur à un certain seuil (qui sera fixé par décret).

    Conjoint collaborateur : accès à l’exonération « jeunes agriculteurs »

    Depuis le 1er janvier 2022, la possibilité d’exercer en tant que conjoint collaborateur est limitée à cinq ans. À partir du 1er janvier 2027, les conjoints collaborateurs devront opter pour le statut de chef d’exploitation ou celui de salarié.

    Pour inciter à ce changement de statut, la loi prévoit que le conjoint collaborateur qui opte pour le statut de chef d’exploitation pourra bénéficier, sous certaines conditions, de l’exonération partielle et dégressive de cotisations sociales réservée jusqu’ici aux seuls jeunes agriculteurs.

    Les conditions à remplir : avoir été affilié en tant que collaborateur pendant au moins cinq ans, et s’engager à exercer son activité à titre principal ou exclusif sous le statut de chef d’exploitation pendant au moins cinq ans.

    L’exonération sera dégressive sur cinq ans :

    • 65 % la première année
    • 55 % la deuxième
    • 35 % la troisième
    • 25 % la quatrième
    • 15 % la cinquième

    Elle entrera en vigueur le 1er janvier 2027.

    Arrêts de travail et indemnités journalières : durcissement du cadre

    Les mesures d’encadrement des arrêts de travail s’appliquent également au régime agricole.

    Pour les arrêts maladie des salariés agricoles, les nouvelles règles de prescription (plafond de durée, obligation de motivation) s’appliquent à compter du 1er septembre 2026.

    Pour les victimes d’AT/MP relevant du régime agricole (chefs d’exploitation, collaborateurs, aides familiaux et associés), la durée de versement des indemnités journalières en cas d’incapacité temporaire est désormais limitée dans le temps.

    Une durée maximale fixée par décret s’appliquera aux sinistres intervenus à compter du 1er janvier 2027.

    En cas d’incapacité persistant jusqu’à l’expiration de cette durée maximale, l’incapacité sera réputée permanente.

    Procédures collectives : alignement sur le régime général

    La loi abroge les dispositions spécifiques au régime agricole en matière de remise de pénalités lors d’une procédure collective (sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaire), qui coexistaient avec les règles de droit commun et créaient des divergences de traitement.

    Désormais, les conditions de remise des pénalités, majorations de retard et frais de poursuite dans le régime agricole sont alignées sur celles du régime général : remise automatique sans exception à la date du jugement d’ouverture, sous la seule condition que le passif ne résulte pas d’un travail dissimulé. Cette mesure entre en vigueur au lendemain de la publication de la loi.

    Retraite : suspension de la réforme jusqu’en 2028

    La loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS 2026) suspend jusqu’au 1er janvier 2028 les mesures de relèvement de l’âge légal de départ à la retraite et d’accélération de la durée d’assurance requise pour le taux plein, issues de la réforme de 2023.

    Concrètement, les assurés nés entre 1964 et 1968 gagnent un à deux trimestres sur leur âge légal de départ.

    La suspension s’applique aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.

    Cumul emploi‑retraite : refonte à partir de 2027

    Le dispositif du cumul emploi-retraite est intégralement refondu pour les assurés liquidant leur retraite à partir du 1er janvier 2027, y compris pour les non-salariés agricoles, avec des adaptations propres à leur régime.

    La nouvelle logique distingue trois situations :

    • Avant l’âge légal de départ (64 ans à terme) : tout cumul est interdit. La pension sera réduite à 100 % des revenus professionnels et de remplacement.
    • Entre l’âge légal et 67 ans : cumul plafonné avec réduction de la pension à hauteur de 50 % des revenus supérieurs à un seuil fixé par décret.
    • À partir de 67 ans : cumul intégral possible, avec droit à une seconde pension sans plafonnement.

    Cas particulier pour les non-salariés agricoles :
    La reprise d’une activité non salariée agricole est restreinte aux chefs d’exploitation répondant à certains critères (niveau d’activité, surface minimale d’assujettissement, etc.). En dehors de ces situations, la reprise d’activité agricole entraîne la suspension du service de la pension.

    Hausse de la CSG sur les revenus du capital

    Le taux de la CSG applicable aux revenus du capital est relevé de 9,2 % à 10,6 %. Sont concernés notamment les dividendes, les plus-values mobilières, les produits de placement à revenu fixe, et les revenus entrant dans les catégories BIC, BA ou BNC lorsqu’ils n’ont pas été assujettis à la CSG sur les revenus d’activité.

    Certains revenus restent soumis au taux de 9,2 % : les revenus fonciers, les plus-values immobilières, l’assurance-vie, l’épargne logement et les PEP.

    Cette hausse s’applique aux revenus du patrimoine à compter de l’imposition des revenus de l’année 2025, et aux produits de placement à compter du 1er janvier 2026. Le prélèvement forfaitaire unique (PFU) passe mécaniquement de 30 % à 31,4 %.

    Mécanisation Collective : un nouveau crédit d’impôt en 2026

    Mécanisation Collective : un nouveau crédit d’impôt en 2026

    La loi de finances pour 2026 introduit un nouveau crédit d’impôt en faveur des exploitants agricoles adhérents d’une CUMA (Coopérative d’Utilisation de Matériel Agricole). Ce dispositif vise à réduire le coût de la mécanisation collective partagée, en soutenant les exploitations qui mutualisent l’utilisation de leurs équipements.

    Mécanisation Collective : qui peut bénéficier du crédit d’impôt ?

    Créé par l’article 33 de la loi de finances pour 2026, ce crédit d’impôt s’adresse aux exploitants agricoles imposés au régime réel et adhérents d’une CUMA agréée.

    Il s’agit d’un dispositif temporaire, applicable sur une période déterminée.

    Quelles dépenses ouvrent droit au crédit d’impôt ?

    Le crédit d’impôt porte sur les dépenses facturées par la CUMA à l’entreprise agricole, notamment :

    • les frais d’entretien et de réparation du matériel
    • les charges financières
    • les loyers et redevances

    Quel est le montant de l’avantage fiscal ?

    • Taux du crédit d’impôt : 7,5 % des dépenses éligibles engagées sur l’année civile, déduction faite des éventuelles aides publiques perçues.
    • Plafond : 3 000 € par an et par entreprise, soit 40 000 € de dépenses maximum.

    Un amendement prévoyait un montant minimal de crédit d’impôt de 500 €, correspondant à 6 666 € de dépenses minimales. Celui‑ci n’a pas été retenu.
    Aucun seuil minimal de dépenses n’est donc exigé pour bénéficier du dispositif.

    Cas des GAEC

    Pour les GAEC, le plafond de 3 000 € est multiplié par le nombre d’associés, dans la limite de 10 000 € par an.

    Si le crédit d’impôt excède l’impôt dû, l’excédent est restitué.

    Période d’application

    Le crédit d’impôt s’applique aux dépenses engagées :

    • à compter du 21 février 2026
    • et jusqu’au 31 décembre 2028
    La Vendée distinguée au Salon de l’Agriculture 2026

    La Vendée distinguée au Salon de l’Agriculture 2026

    La Vendée s’est une nouvelle fois illustrée au Salon International de l’Agriculture 2026, notamment grâce aux résultats obtenus au Concours Général Agricole. Ce rendez‑vous annuel, qui met en valeur le savoir‑faire des producteurs français, confirme la qualité et la diversité des productions vendéennes.

    Un palmarès remarquable pour la Vendée au Salon de l’Agriculture 2026

    Le département enregistre cette année encore près d’une quarantaine de distinctions.
    Au sein de ce palmarès, plusieurs entreprises adhérentes Cerfrance Vendée ont été récompensées : 15 prix leur ont été attribués, dont 11 médailles d’Or. Ces distinctions couvrent plusieurs catégories du Concours Général Agricole :

    • Concours des produits : Produits de l’aquaculture
    • Concours des vins : Fiefs Vendéens, IGP Val de Loire, Muscadet Côtes de Grandlieu
    • Concours des animaux : Équidés, Ovins

    Félicitations à l’ensemble des lauréats 👏

    Ces distinctions témoignent du sérieux, de la maîtrise technique et de l’engagement des exploitants vendéens dans leurs démarches de qualité. Elles renforcent la visibilité du territoire et confirment la place de la Vendée parmi les départements agricoles les plus performants, illustrant à la fois la qualité des productions locales et le savoir‑faire des professionnels.

    Une journée dédiée à la Vendée au cœur du Salon

    Lors du Salon, une journée spéciale consacrée au territoire a permis de mettre en lumière les filières locales. Les visiteurs ont pu assister à :

    • des démonstrations culinaires,
    • des présentations de filières,
    • des échanges avec des producteurs et éleveurs,
    • des animations autour des démarches qualité.

    Cette mobilisation a rappelé la diversité et la solidité du tissu agricole vendéen.

    ACRE 2026 : les règles pour les exploitants agricoles

    ACRE 2026 : les règles pour les exploitants agricoles

    L’ACRE a profondément été réformée depuis le 1er janvier 2026. La loi de financement de la Sécurité sociale a recentré l’aide sur un nombre plus restreint de bénéficiaires et réduit de manière significative le niveau d’exonération pour la plupart des travailleurs indépendants.

    Pour les exploitants agricoles, toutefois, la situation est très différente : la réforme ne remet pas en cause les règles qui leur sont applicables ! Le législateur a expressément prévu le maintien du régime antérieur, ce qui garantit la continuité de l’ACRE exploitants agricoles en 2026.

    Exonérations ACRE pour les exploitants agricoles en 2026

    Ainsi, en 2026, un chef d’exploitation ou d’entreprise agricole continuera à bénéficier :

    • D’une exonération totale de cotisations sociales lorsque son revenu professionnel est inférieur à trois quarts du PASS ;
    • Entre trois quarts du PASS et un PASS, l’exonération restera dégressive ;
    • Au-delà, aucune exonération n’est applicable.

    Ce régime, demeure donc parfaitement inchangé malgré la refonte générale de l’ACRE.

    Les formalités, elles aussi, restent identiques ; aucun changement n’est prévu sur ce point.

    Si vous êtes porteurs de projets, n’hésitez pas à vous rapprocher de l’agence Cerfrance Vendée la plus proche pour vous aider dans vos démarches.

    Réforme de l’assiette sociale TNSA 2026

    Réforme de l’assiette sociale TNSA 2026

    Au 1er janvier 2026, la réforme de l’assiette sociale des non-salariés agricoles est entrée en vigueur. Cette réforme de l’assiette sociale TNSA 2026 vise à simplifier le calcul des cotisations et à améliorer les droits sociaux, tout en garantissant une neutralité financière des salariés agricoles ‑salariés agricoles.

    Une assiette simplifiée et harmonisée

    La réforme supprime l’ancienne assiette CSG/CRDS, qui reposait sur un mécanisme complexe incluant les cotisations elles-mêmes. À sa place, une assiette unique est instaurée. Elle repose sur les règles existantes mais dans une version harmonisée, plus cohérente entre cotisations et contributions sociales.

    Fin de la déductibilité des cotisations

    La principale différence tient à la fin de la déductibilité des cotisations sociales : celles-ci ne pourront plus minorer l’assiette. Cette modification entraîne mécaniquement la disparition de la déduction liée à l’« à-valoir ».

    Dispositifs maintenus pour les exploitants

    Pour le reste, la réforme maintient les dispositifs déjà connus des exploitants :

    • épargne de précaution
    • neutralisation des plus‑values long terme
    • DJA
    • étalement des revenus exceptionnels; etc.

    Des barèmes modernisés

    Pour garantir une neutralité financière globale, les barèmes sont adaptés.

    La cotisation maladie devient progressive : elle restera à 0 % pour les très faibles revenus, puis augmentera graduellement jusqu’à 8,5 % pour les revenus correspondant à 300 % du PASS.

    La retraite complémentaire obligatoire suit la même logique avec l’introduction d’une part progressive.

    Enfin, les cotisations vieillesse agricoles convergeront progressivement vers un barème unique d’ici 2029.

    Ces évolutions répondent à l’objectif affiché : réduire la part des contributions non génératrices de droits au profit des cotisations qui améliorent directement les droits retraite des exploitants.

    Une transition progressive en 2026

    L’année 2026 sera une période transitoire puisque jusqu’en septembre, les appels de cotisations continueront d’être calculés sur l’ancienne assiette. La bascule vers la nouvelle assiette n’interviendra qu’à partir d’octobre, une fois la déclaration annuelle sera réalisée.

    Quels impacts pour les exploitants agricoles ?

    Si la réforme de l’assiette sociale TNSA 2026 ne vise pas à augmenter les cotisations, les effets seront différents selon la situation des exploitations.

    Les plus petits revenus devraient bénéficier d’une progressivité plus favorable, tandis que les revenus plus élevés devraient voir leurs cotisations évoluer à la marge, sans hausse globale.